Comment se passe une installation-performance sensorielle au Théâtre de l’Enjeu ?

La priorité est donnée à l’installation et au thème, les acteurs font vivre l’installation, ils improvisent à partir d’une trame qu’ils ont contribué à construire. Ils sont invités à jouer en symbiose avec l’environnement et les évènements fortuits qui s’y produisent. De part cette conception, les rôles deviennent aisément interchangeables et chaque acteur est porteur de l’ensemble de la trame.

Les acteurs fonctionnent en cellules indépendantes de 1 ,2 ou 3 personnages, un espace commun permet la communication entre les cellules. L’utilisation des éclairages, projections et amplification du son peuvent à certains moments mettre en évidence l’une ou l’autre cellules.

L’espace du théâtre et la disposition sporadique des spectateurs et des acteurs induisent de nouvelles formes d’expression théâtrale relative à la trame. A chaque instant quelque soit la situation spatiale, on estime une importance relative à la perception de cette trame. Les informations y étant liées peuvent être exprimées sous diverses formes en fonction de chaque cellule de communication et regroupement de personnages.

Chaque acteur devient porteur de l’histoire liée aux acteurs principaux. Si on surprend une jeune femme laissant glisser son regard sur un jeune homme, l’ensemble des autres personnages auront les yeux de la convoitise posés sur l’objet de leur choix. Par exemple, la savante folle porte le regard vers l’enfant cryogénisé et le vieil homme sur elle. Le jeune homme, portera peut-être son attention sur le vieil homme dont il souhaite connaitre la sagesse.

Le passage d’une scène à l’autre, d’un secret à l’autre (élucidé à la suite des événements), s’annonce par un marquage au sol occupé par une ombre solaire ou due à un certain éclairage électrique, visuel ou sonore. Ainsi les acteurs sauront qu’il est temps d’adapter la suite de leurs dialogues aux langages appropriés. L’expression de telle ou telle scène sera libre et variée et se fera par l’expression orale en anglais, français ou thaïlandais, par la parole ou le chant, la danse ou la gestuelle. Des projections de vidéos ou d’images fixes ainsi que la musique viendront souligner les informations apportées à la trame de notre histoire.

Le spectateur aux yeux pailletés, nomade aux pieds nus et empreint de couleurs, trace son itinéraire, individuel. L’occurrence de scénettes, ponctuées par l’évaporation, dans un espace contigu intermédiaire, disparition de l’acteur apparu.
L’espace extérieur au théâtre se manifeste rarement à la scène, existence sonore. Un espace mental, ou le spectateur stocke quelques détails observés, libres d’émerger en un retour fulgurant de captation